Homard de type homarus américanus


Habitat

Le homard Ă©tablit son habitat dans les eaux froides et peu profondes le long des rives du golfe Saint-Laurent. Sa distribution gĂ©ographique dans le golfe s’étend de la basse CĂ´te-Nord  Ă  l’extrĂŞme Nord du QuĂ©bec, sur le pourtour de l’Île de Terre-Neuve pour rejoindre les provinces Maritimes, les ĂŽles de la Madeleine en remontant la cĂ´te gaspĂ©sienne pour finalement terminer sa distribution Ă  l’embouchure du fleuve Saint-Laurent  le long de l’Île d’Anticosti. Du cĂ´tĂ© de l’Atlantique, il couvre toute la face sud de la Nouvelle-Écosse pour terminer sa rĂ©partition spatiale aux États-Unis  le long des cĂ´tes de l’état du Maine et du Massachusetts.  


Environnement

Selon la période d’évolution dans laquelle il se trouve, il préfère différents types de fonds. Très petit (2 cm) lorsqu’il débute sa vie benthique, après avoir passé les six premières semaines de sa vie de larve à dériver à la surface de l’eau, il se dépose sur un fond de sable et de gravelât fin pour se creuser un trou dans lequel il s’enfonce pour se mettre à l’abri des prédateurs naturels. Pendant trois années, il vit dans le sous-sol marin à quelques centimètres à peine de la surface du fond. Il se nourrit de micro-organismes tels les vers marins et les puces de mer pour périodiquement muer (phénomène par lequel il change de carapace pour grossir) et atteindre une longueur de 6 cm. À ce moment, il commence une nouvelle vie qui l’amène à sortir de sa cachette et rejoindre finalement le fond marin ou il adopte comme milieu de vie le fond rocheux et ses nombreux orifices lui permettant de se cacher et se mette aux aguets d’éventuelles proies qui passent par-là.


Nourriture

Le homard se nourrit dans le milieu naturel de mollusques (moules) qu’il broie avec sa grosse pince et  de petits crabes (crabe tourteau) nĂ©cessaires pour sa mue. La carapace du crabe renferme suffisamment de calcium nĂ©cessaire pour durcir la nouvelle carapace du homard après la mue. Puis arrive la pĂ©riode d’abondance des petits poissons qui viennent frayer le long des cĂ´tes tels les Ă©pinoches, les caplans et le hareng. Ă€ ce moment prĂ©cis, il mange les Ĺ“ufs de ces petits poissons qui se dĂ©posent sur le fond. Il consomme aussi les poissons qu’il peut capturer.  Durant la pĂŞche commerciale, le pĂŞcheur attire le homard dans ces casiers avec l’aide de poissons pĂ©lagiques tels le hareng et le maquereau qu’il se procure Ă  l’état frais ou congelĂ© chez l’industriel avec lequel il fait affaire.


Mode de gestion


La pêche au homard est gérée sur un mode compétitif où les pêcheurs entre eux mettent à profit leur habilité personnelle à le capturer. Le grand secteur d’accès qu’offre le pourtour de la Gaspésie est divisé en zones de pêche faisant en sorte qu’un pêcheur qui ne peut détenir qu’un permis d’exploitation ne peut qu’exploiter son permis que dans la zone prescrite par ce dernier. Ces zones sont par la suite divisées en sous-zones faisant en sorte que le pêcheur doit pêcher que dans la sous-zone précisée sur ces conditions de permis.

L’effort de pĂŞche est par la suite contrĂ´lĂ© par le nombre de casiers que doit utiliser le pĂŞcheur, le nombre de jours que dure la saison de pĂŞche et le nombre de levĂ©es autorisĂ© par jour. Ainsi, un pĂŞcheur ne peut utiliser plus de 235 casiers levĂ©s une fois par jour pendant 68 jours que dure la saison de pĂŞche.    


Mesure de réduction de l’effort de pêche

L’effort de pêche est calculé comme suit : Un nombre de casiers autorisés par le nombre de pêcheurs détenant un permis par le nombre de jours de pêche que comporte la saison. L’effort de pêche en Gaspésie en 2005 correspondait à 217 pêcheurs qui levaient chacun 250 casiers/jour sur une période de 70 jours pour un total de 3,797,550 casiers/année pêchés.

Afin de réduire l’effort de pêche, les pêcheurs ont élaboré avec l’organisation qui les représente deux stratégies visant à réduire sur une période de dix ans l’effort de pêche de 30%.

La première étant de réduire le nombre de casiers utilisés et le nombre de jours de pêche.
La seconde étant de réduire l’effort de pêche par le rachat de permis de collègues désirant se retirer de la pêche.

En 2006, les pêcheurs ont réduit le nombre de casiers utilisés de 15 chacun portant le nombre à 235 et ont réduit de 2 jours la période de pêche pour la ramener à 68 jours. Parallèlement, 18 pêcheurs ont été rachetés par les collègues réduisant le nombre de pêcheurs exploitant le homard à 199 en 2008. Ces deux mesures ont contribué à réduire l’effort de pêche de 17 % depuis cette date.
 

Mesures de conservation


Le homard est une espèce assujettie Ă  une panoplie des mesures de conservation qui  contrĂ´le son exploitation. Quoique que dĂ©montrant des allures d’une espèce ayant traversĂ© la prĂ©histoire (espèce Ă  carapace), le homard demeure fragile. Habitant Ă  proximitĂ© des cĂ´tes, il est très sensible aux changements climatiques et aux Ă©carts de tempĂ©rature importants. Par exemple, des queues d’ouragan se transformant en fortes tempĂŞtes de mer Ă  l’automne dans le golfe Saint-Laurent dĂ©truisent des quantitĂ©s impressionnantes de homard en les projetant sur les falaises et rivages le long des cĂ´tes.  Il est aussi très vulnĂ©rable Ă  des niveaux d’exploitation trop Ă©levĂ©e puisque facile d’accès.

Afin de compenser pour cette vulnĂ©rabilitĂ©, les pĂŞcheurs et le Ministère des PĂŞches et OcĂ©ans Canada ont Ă©laborĂ© une sĂ©rie de mesures visant Ă  rĂ©duire l’effort de pĂŞche. 

La taille minimale est passĂ©e graduellement de 76 mm en 1997 Ă  82 mm en 2002 faisant en sorte que le homard se retrouvant entre ces deux mesures soit soustrait dĂ©finitivement de la capture. En 2012, la taille minimale passera Ă  83 mm.  Une taille maximale est imposĂ©e depuis 2008 Ă  155 mm. Tous les homards supĂ©rieurs Ă  cette taille seront obligatoirement mis Ă  l’eau protĂ©geant ainsi les gros reproducteurs; mâles et femelles. DorĂ©navant, une fenĂŞtre d’exploitation en terme de taille est rĂ©glementĂ©e; 82 mm Ă  155 mm.

Les femelles oeuvĂ©es (qui portent leurs Ĺ“ufs sous la queue) sont remises Ă  l’eau obligatoirement. Celles qui portent une marque en " V" sur une des plĂ©opodes de la queue ne doivent pas ĂŞtre conservĂ©es Ă  bord du bateau. Cette mesure de marquage est volontaire chez les pĂŞcheurs. L’idĂ©e consiste Ă  constituer des cheptels de grosses femelles ayant de fortes capacitĂ©s de reproduction. Afin de la reconnaĂ®tre lorsque la femelle ne porte pas d’œufs sous la queue, le pĂŞcheur lui fait une entaille avec l’aide d’un poinçon en forme de" V" au moment oĂą ses Ĺ“ufs se retrouvent sous sa queue. L’annĂ©e suivante, la femelle a relâchĂ© ses Ĺ“ufs mais possède cette marque en "V" sur une de ces plĂ©opodes donc doit ĂŞtre relâchĂ©e la soustrayant ainsi de la capture pour la vente. Cette mesure fait en sorte qu’elle contribuera Ă  une autre ponte.   


Exploitation durable

Toutes ces mesures prises par les homardiers pour assurer une exploitation durable de la pêcherie tiennent compte de leur niveau de responsabilité et de leur volonté à laisser à la relève de demain un avenir assuré. Le contexte mondial de l’exploitation change et les tendances à l’exploitation durable des ressources naturelles ont été comprises par nos pêcheurs qui se mettent à l’avant-garde du processus amorcé de l’écocertification.


Profil de l’entreprise de transformation


En 1998, 25 pêcheurs se sont associés pour acheter la Corporation "Les Producteurs de homards Grande-Rivière 1998 inc" avec l’idée de mettre en marché le produit de leur pêche. L’intérêt manifeste étant de produire un homard vivant de très grande qualité reconnue sur le marché parmi les meilleurs en terme de goût. La création du site Internet de la Corporation et sa capacité qu’il offre aux éventuels clients d’acheter en ligne du homard qui leur sera livré en 48 heures partout au Québec et en Ontario démontre la volonté indéniable des actionnaires-pêcheurs à faire connaître leur produit au-delà des mécanismes habituels de distribution. Plus encore, ce site offre la perspective de s’associer directement à un pêcheur afin qu’il vous garantisse un homard provenant directement du milieu sauvage jusque dans votre assiette. Enfin, la traçabilité est respectée et l’appellation de la mer à l’assiette est vérifiable.